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 Chapitre V : L'ECONOMIE DE MARCHE

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Hugo



Messages: 19
Date d'inscription: 15/01/2009

MessageSujet: Chapitre V : L'ECONOMIE DE MARCHE   Dim 12 Avr - 11:54

L’ECONOMIE DE MARCHE


On appelle économie de marché l’économie régulée par le marché, c’est-à-dire dont le fonctionnement (ou équilibre) dépend du marché.
Exemples : le nombre d’emplois, la nature des emplois, le niveau de salaire… sont déterminés par le marché.
Le comportement de chaque acteur économique participe à la décision : c’est une économie décentralisée, libérale (il n’y a pas d’autorité) ou capitaliste. Elle entraîne des inégalités et du gaspillage. Elle s’oppose à l’économie planifiée (ex : URSS; Corée du Nord…) ou économie socialiste.
Churchill a dit : « la démocratie est le pire des systèmes… à l’exclusion de tous les autres ».
L’existence de marchés dure depuis l’antiquité, mais on ne parle d’économie de marché que depuis qu’il occupe une place importante dans l’économie.
Avant, on vivait en autarcie, c’est-à-dire grâce à l’autosuffisance et un peu de troc.
On parle de l’économie de marché depuis la révolution industrielle (capitalisme).


I/ Les mécanismes du marché


A) Le fonctionnement du marché


1- Qu’est-ce qu’un marché ?

Exemple : le marché du pétrole.

Le prix du baril de pétrole est aujourd’hui de 45$, mais il s’est élevé à 145$ au cours de l’été 2008.
Contre-choc pétrolier.

Document 1 p.158 :
Au début du XXème siècle, le pétrole est peu cher car encore peu utile et il y a une forte inflation avec la découverte de mines d’or.
On remarque que le prix en dollar constant et en dollar courant est très différent à cause de l’inflation. Le pétrole connaît cependant une période de stabilité de son prix jusqu’en 1973 qui courrespond au premier choc pétrolier. Le prix du baril, alors à 32$ est multiplié par 4 à cause de la guerre du Kippour.
L’OPEP a été constituée en 1960 par l’Arabie Saoudite, l’Irak, l’Iran, le Koweït et le Venezuela auxquels sont venus s’ajouter le Quater, l’Algérie, la Libye, les Émirats Arabes Unis…
Le prix du pétrole a alors considérablement augmenté.
En 1979, l’OPEP multiplie son prix par 2 à cause de la révolution iranienne qui entraîne la chute de sa production.
La guerre Irak-Iran diminue l’offre de pétrole mais augmente son prix.
Dans les années 1980, il y a un contre-choc pétrolier : le prix est divisé par deux grâce à la découverte de nouveaux gisements en Mer du Nord (offshore).

Un marché est un lieu (en général fictif) où se rencontrent et s’échangent la demande et l’offre d’un produit permettant d’en déterminer le prix et les quantités échangées. Il existe une infinité de marchés par produits, par catégorie de produits ou géographiquement.


2- La loi de l’offre et de la demande

a) La demande

= quantité d’un bien ou d’un service que les acteurs économiques veulent acheter à un prix donné. C’est la somme de toutes les demandes individuelles. à approche micro-économique. Elle est fonction décroissante du prix.
L’augmentation du prix entraîne une diminution de la demande.
Effet revenu : quand le prix augmente on achète moins faute de moyens.
Effet de substitution : on achète quelque chose autre

Élasticité prix par rapport à la demande = eD/P = TVD/TVP

Une demande très élastique correspond à une petite baisse du prix et une grande augmentation de la demande : ce sont les produits superflus.
Une demande peu élastique correspond aux produits de première nécessité.

Élasticité croisée de la demande = eD2/P1 = TVD2/TVP1 > 0
Si elle est < 0, les produits sont complémentaires et non substituables.

Élasticité revenu de la demande = eD/R = TVD/TVR > 0

Les lois d’Engel définissent trois types de biens :
Les biens normaux à eD/R = 1.
Les biens inférieurs : eD/R < 1.
Les biens supérieurs : eD/R > 1.
Quand le niveau de revenu augmente, les dépenses alimentaires augmentent mais moins vite, ainsi que l’habillement qui sont considérés comme des biens inférieurs.
Les loisirs, les produits de beauté… sont considérés comme biens supérieurs.

b) L’offre

= quantités d’un bien ou d’un service proposé à la vente : fonction croissante du prix.

c) La loi de l’offre et de la demande

E : point d’équilibre du marché.
Pe : prix équilibre

Les économistes néo-classiques (qui appartiennent au courant libéral; fin XIXème début XXème) défendent le capitalisme (à Léon Walras, Jevons, Marshall…).
Pour eux, tout marché tend spontanément à se rapprocher de son point d’équilibre.

O >> D : surproduction è P>> Pe.
O < D : pénurie è P < Pe.

Walras parle de retour automatique à l’équilibre, ainsi l’économie se rapproche toujours de l’équilibre général.
Quand le prix est très élevé, c’est un signal pour que les producteurs augmentent leur offre. C’est donc le marché qui fixe les prix. Il coordonne les différentes actions individuelles.




B) Les différentes formes de marché

1- La CPP

La Concurrence Pure et Parfaite doit respecter cinq conditions :
Atomicité
Libre Entrée
Homogénéité du produit
Mobilité des facteurs
Transparence

Document 10 p.164 :
28/ Comme il y a atomicité, il y a beaucoup d’offreurs de petite taille mais aucun ne peut imposer ses conditions (loi de l’offre et de la demande).
29/ Il existe des barrières à l’entrée sur les marchés :
_réglementaires (respect de la loi) : bars, pharmacies, réseaux de téléphonie;
_techniques : brevets;
_économiques : dépenser trop d’argent.
30/ Les consommateurs se reporteront sur le même produit vendu moins cher.
31/ Les entreprises sont obligées de vendre au niveau du prix d’équilibre : elles créent un « appel d’air » pour les autres concurrents.
32/ La mobilité des facteurs de production est indispensable pour les prix.

La CPP est la condition pour qu’il y ait une compétition loyale entre entreprises.
Les prix sont poussés à la baisse.
Il y a des innovations de produits (pour vendre plus cher) et de procédés (pour augmenter les bénéfices).
Les entreprises les moins performantes disparaissent et il y a une possibilité d’aller sur les marchés plus porteurs.
La notion d’efficience correspond à la recherche d’efficacité en utilisant le moins de moyens.

Hayek (prix Nobel d’économie en 1974) juge les conditions de la CPP irréalisables. L’existence d’un marché permet de s’en approcher. La rencontre des offreurs et des demandeurs permet de produire de l’information.

2- Des marchés imparfaits


Monopoles publics : SCNCF, EDF, Poste.
Monopoles privés : il y a des innovations, ils sont transitoires (copies).

Oligopole : Ils sont fréquents, on parle de « concurrence monopolistique ». On peut aussi parler d’oligopoleurs; quelques offreurs face à beaucoup d’acheteurs.
Ex : yaourts, chocolat.

Monopole bilatéral : Ex : avions de chasse.

Oligopole bilatéral : Ex : produits de luxe (sur-mesure, haute couture), marché de gros des pneumatiques.

Monopsone : Ex : marché de gros (demandeur = centrale d’achat).

Monopsone contrarié : Ex : production d’électricité pour un acheteur.

Monopole contrarié : Ex : marché des centrales nucléaires (AREVA, leader mondial et constructeur français).

Une entreprise cherche à maximiser le bénéfice (exercice p.166).


3- Stratégies des entreprises

a) Différenciation

Document 17 p.167 :
50/ Oui, les lessives sont des produits différenciés par les marques, les sortes de lessive.
Entreprises : Unilever, Procter & Gamble.
51/ Concurrence monopolistique : marché où il y a plusieurs producteurs mais chacun essaie de rendre son produit unique.
Élément commun : plusieurs producteurs.
Élément monopolistique : produit.
52/ L’entreprise qui a su différencier ses produits se retrouve en situation de quasi-monopole et peut pratiquer des prix plus élevés.
Prix d’efficience : prix élevé qui signifie que la qualité doit être meilleure.
53/ Une entreprise qui différencie les produits s’attache les consommateurs. La demande est devenue moins élastique.
Ex : Le marché du jus d’orange est un marché de produits très différenciés.
Marchés de concurrence monopolistique.

b) Innovation

Document 22 p.169 :
66/ Les coûts de production ont baissé : il y a donc plus de concurrence.
67/ Pioneer a abandonné car les coûts étaient trop élevés.
68/ Marché du DVD (1999) : cher, nouveau, peu d’offre face à la demande.
Marché porteur (¹ marché saturé) = O < D et hausse de D.

L’innovation permet à l’entreprise d’être en situation de monopole qui leur permet de vendre plus cher et d’augmenter leurs bénéfices.
Sur un marché concurrentiel, le prix de vente a tendance à baisser. Sur un marché mûr, il y a beaucoup d’offres.
Dans les pays développés, il y a une course à l’innovation.
Délocalisations car coût de production trop élevés dans les pays développés.


L’innovation est risquée, c’est un pari. Beaucoup d’argent est mobilisé et il y a des échecs.
L’innovation coûte cher : l’entreprise doit se reposer sur des fonds propres (EBE, masse salariale).

c) Concentration
= stratégie qui consiste à regrouper des entreprises : elles sont donc moins nombreuses mais sont plus importantes.

Fusion : deux entreprises se regroupent pour en constituer une nouvelle.
Ex : Louis Vuitton - Moët Hennessy è LVMH.

Absorption : deux entreprises de taille différente.
Ex : PSA, filiale : Citroën.
Filiale : Entreprise dont le capital appartient à une société mère.
Société mère + filiale = groupe.
Société Anonyme : leur capital est divisé en actions.

Les différents types de concentrations :
Verticale : regroupement d’entreprises ayant des activités complémentaires.
Ex : Michelin (à plantations d’hévéa); BSN : entreprise de verre à le marché diminue (cartons…) à Gervais (fromage blanc) - Danone (yaourts) rachetés par BSN.

Horizontale : regroupement d’entreprises ayant la même activité (plus fréquente).
Ex : Peugeot - Citroën; Gervais - Danone; Amora - Maille (filiales d’UNILEVER).
Le but est d’augmenter les ventes, et d’être mieux armés face à la concurrence; ces entreprises auront donc une part de marché plus importante.
Elle permet de réaliser des économies d’échelle (= diminution du coût moyen obtenu grâce à l’augmentation des quantités produites). On constate en effet que le point mort est de plus en plus élevé (= pas de bénéfice, pas de perte) : il faut donc avoir de grands parts de marché.

Conglomérale (ou par diversification) : activités sans synergie.
Ex : Bouygues (bâtiment travaux public, TV : TF1, puis filiale dans la téléphonie); PPR (Printemps - Pinault - Redoute); Bolloré (papiers, transport, bois, chaîne TV, journaux, VALLOUREC).



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Comme d'hab, je peux pas mettre les graphiques que j'ai fais donc si vous les voulez je vous les passe sur msn.
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Hugo



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Date d'inscription: 15/01/2009

MessageSujet: Re: Chapitre V : L'ECONOMIE DE MARCHE   Jeu 30 Avr - 20:47

II/ Marché et société

A) Ordre naturel ou construction sociale ?

1- Le marché est naturel

a) Marché spontané
Le marché naît naturellement spontanément. En effet, les individus entrent en contact les uns avec les autres; ils n’ont pas les mêmes goûts, les mêmes ressources : ils ont donc besoin de faire des échanges, et ainsi naît le marché.
Les hommes vont se spécialiser : Adam Smith, 1776 dans son exemple de la manufacture d’épingles, qui permet plus de production.
L’individu cherche l’argent : « main invisible qui le guide », il recherche son intérêt personnel et matériel.
Le marché assure la compatibilité des décisions individuelles, il assure la régulation de l’économie.

b) Marché = ciment social
Le marché réunit les individus : ouverture à l’autre.
Montesquieu, 1740 dans Esprit des lois, parle du doux commerce : « Partout où il y a du commerce, il y a des mœurs douces ». Le commerce est garant de la paix, pas de conflits. Le marché participe à la démocratie. La liberté ne peut pas être qu’économique.

2- Le marché est une construction sociale

a) Le marché est créé
Il est voulu par ceux qui ont un intérêt à ce que le marché existe.
Au XVIIIème siècle : la révolution industrielle.
Exemple : les Enclosure Acts, ces lois qui autorisent les paysans à clôturer leurs terres. C’est aussi l’apparition des plantes fourragères de l’élevage (révolution agricole fin XVIIIème) : c’est la fin de l’assolement triennal (avec l’utilisation de la jachère).
La construction sociale a donc lieu : les paysans qui ont des terres vont chercher à produire plus, s’enrichir.
Les pauvres vont devoir trouver du travail dans les foyers industriels/manufactures (en ville).
K. Polanyi : abolition de la loi de Speenhamland (1834) qui consistait en la charité du pasteur pour les plus pauvres. R. Malthus se montre face à la pauvreté en voulant empêcher aux plus pauvres de se marier.
Le travail même devient alors une marchandise; les préoccupations sociales passent au second plan. L’économie se désencastre du social : elle s’autonomise (La Grande Transformation : retour de l’état dans l’économie, 1944).
Dans les anciens pays de l’est, le marché n’est pas naturel pour les acteurs économiques. Les pouvoirs publics développent le pouvoir du marché.
L’économie de marché augmente le niveau de vie.

b) Les institutions sur les marchés

DCCRF : Direction de la Consommation, de la Concurrence et de la Répression des Fraudes.
Inspecteurs du Travail : respect du Code du Travail.
Prud’hommes : élus à 50% par les salariés et à 50% par les employeurs.
O.P.A. / O.P.E. = Offres Publiques d’Achat/Échange (rachat d’actions).
Délit d’initié = une personne est au courant avant tout le monde d’une O.P.A. donc achète plusieurs actions de l’entreprise qui va être absorbée pour ensuite les vendre à une autre entreprise et faire de la plus-value.
S.A. = Société Anonyme : dirigée par un PDG, consulte un Conseil d’Administration à 1 action = 1 voix (ploutocratie).
Exemple : la loi ADOPI (piratage) désirée par la majorité des artistes.

Document 16 p.189 :
45/ OGM = Organisme Génétiquement Modifié.
De nombreux citoyens manifestent contre car ils pourraient représenter un danger pour la planète/la santé.
46/ Ils engendrent une hausse de la production, une diminution des pertes et permettent donc de nourrir la planète.
Monsanto : entreprise leader pour la production d’OGM.
47/ Commission Européenne : culture OGM autorisée, mais elle est interdite en France à cause de conséquences à long terme possibles sur la santé.
48/ Autres exemples : boissons énergétiques, viande (vache folle)…


B) Une marchandisation… à relativiser

1- L’extension des rapports marchands

a) Presque tout est devenu l’objet d’un commerce
Exemples :
_les fêtes : Pâques, Noël, ou même les fêtes des grands-mères ou des secrétaires…
_le corps : orages produits de soin, chirurgie esthétique, adoptions, mères porteuses, prostitution…

b) Au détriment des individus ?
Aliénation de l’individu = Passage au tout marché : l’individu se sent obligé d’acheter.
Perte des relations sociales = Individualisation - Matérialisation des individus à risque d’isolement. On peut toutefois nuancer car cela apporte plus de liberté.
Inégalités = Passage au marché à enrichissement de certains et augmentation du niveau de vie moyen, mais les inégalités (moins importantes) sont plus difficiles à supporter.


2- La persistance de rapport économiques non marchands : relations guidées par l’intérêt

a) La redistribution
Elle est assurée par les pouvoirs publics : ils prélèvent de l’argent (prélèvements obligatoires composés des impôts et des cotisations sociales) :
Une partie est redistribuée sous forme de revenus sociaux (protection sociale) : allocations familiales, retraite, chômage, RSA (ex-RMI)…
Une autre qui permet de fournir des services publics comme l’école, la santé, la culture, la justice… Elle n’a jamais été aussi importante.

b) La réciprocité
Elle relève d’un comportement privé/individuel. Les échanges basés sur la solidarité sont réactivés par la société moderne.
Exemples :
Le don. Essais sur le don, Mauss.
Le don est un phénomène qui engage toute la société : donner oblige à accepter et à rendre (contre don). Le don créé du lien; payer dissout le lien.
La kula en Mélanésie (doc. 4 p.183).
Les S.E.L. : système d’échanges locaux è entraides, associations.
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